Allez comme il n'y aura pas de CR du Wacken par Pierre cette année, je m'y colle.
Mercredi: Voyage, voyage
Laex et moi quittons Barcelone le mercredi matin après un concert fantabuleux du Priest et de ses deux premières parties de luxe (Saxon et Motörhead), le tout en compagnie de Talasqueen of the night (tout en sobriété cette fois, pas de bob rose ou de frou frou). Pas encore tout à fait réveillés, on se goure de terminal et on est obligé de prendre un taxi en catastrophe pour ne pas louper notre vol. On s'en sort finalement pas trop tard et on arrive sur le site du Wacken aux alentours de 19h. Le seul souci c'est qu'il faut aller chercher nos pass VIP à presque 3 quarts d'heure de marche de l'endroit où nous dépose le bus, qu'il n'y a pas moyen de rentrer dans le camping avant, ni même de déposer les affaires quelque part. Du coup, on se trimballe tente, sacs et tout notre barda pas spécialement adapté à la rando pendant près d'une heure et demi aller retour. On fait ça chaque année mais j'avoue être de moins en moins motivé et à mon avis, il doit quand même y avoir moyen d'améliorer un peu tout ça (un peu comme plein de choses dans le festival mais j'en reparlerai).
On finit par accéder au camping où nous rejoignent deux membres du groupe Theopsya (un petit groupe de metal toulousain bien sympa) et dont c'est le premier Wacken. On traîne un peu autour du camping et du Wackinger village (l'ambiance est effectivement meilleure qu'il y a un an comme d'autres l'ont déjà dit) et on finit par s'écrouler assez tôt après cette journée de voyage assez éprouvante

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Jeudi: Potage à la citrouille avariée et gérontophilie
Les premiers groupes intéressants ne jouant qu'à partir de 17h, le jeudi est la journée idéale pour glander comme des truies . Ce que nous faisons au beer garten où nous enchainons les franziskaner

. Petite nouveauté cette année (ou pas, je n'ai pas trop trainé au beer garten l'année dernière), une petite scène est située juste à côté où jouent principalement la fanfare des pompiers ou Mambo Kurt. C'est justement ce dernier qui est en train de jouer, enfin de massacrer un morceau des guns sous les acclamation de sa fan base (principalement des allemands tous bourrés agglutinés devant la scène).
Les gars de Theopsya hallucinent devant le spectacle:
"- Mais c'est pourri. On dirait un gars qui fait ça tout seul avec son synthé chez lui tout bourré à 3 heures du mat.
- Ben oui c'est ça. C'est Mambo Kurt.
- Et les gens adorent ça?
- Oui. C'est un trip germanique. On peut pas comprendre."
On est rejoint un peu plus tard par Blaster, un ami à Pierre et un ch'ti gars du nord bien cool comme on les aime. Nous voilà parés pour le premier concert direction la wackinger stage

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MAIDEN UNITED
Un tribute à Maiden. J'avoue y être allé en trainant les pieds. "On va avoir droit aux sempiternels 'The Trooper', 'Fear of the dark' ou 'The Number Of the Beast' beuglés en choeur comme dans le karaoké de la wet stage

. Génial..."
Erreur. Grosse erreur. Car d'une, ce tribute band se démarque en jouant uniquement en acoustique mais également par le choix judicieux des morceaux interprétés (plutôt accès sur "Piece of mind", album assez sous-estimé du groupe). Et de deux, ils ont un chanteur hors pair en la personne de Damian Wilson, l'actuel frontman de Threshold.
Les morceaux sont ré-arrangés afin de mieux sonner en acoustique et certaines parties bien planantes font penser à du Led Zeppelin comme sur "Children of the damned". Le temps d'apprécier un superbe "Flight of Icarus" et il faut déjà y aller pour ne pas louper le début d'Helloween (si on avait su, on serait resté plus longtemps...).
HELLOWEEN
4 Wacken, 3 Hellfest, pas mal de concerts et je me suis quand même débrouillé pour ne jamais voir Helloween. Eh ben malheureusement pour un premier concert, ce sera loin d'être mémorable...
Dès l'entame du show, le groupe subit de gros problèmes techniques qui aboutissent à un massacre pur et simple d'"Are You Metal?". Les allemands se retirent alors en coulisse, le temps que l'orga règle le problème. Pour un fest comme le Wacken, ce genre de coupure frise quand même l'amateurisme. 2, 3 minutes passent et le groupe rapplique sur "Eagle Fly Free" et là... Pas de son en façade. En fait on entendait le groupe mais sur la true metal stage alors que le groupe se produit sur la black stage. Pouin pouin pouin... Allez hop un deuxième titre foutu en l'air.
Jusqu'à présent, si le concert est plutôt foiré, c'est totalement à cause de l'orga mais le groupe va aider un peu plus à saborder son show. Ca repart pourtant plutôt bien avec un excellent "March of time" suivi de "Where the sinners go" extrait du dernier album des citrouilles. Premier temps mort avec un solo de batterie. Quelle bonne idée! C'est vrai que ce n'est pas comme si le groupe n'avait qu'1h15 de jeu. "I'm alive" déboule derrière et l'excellent medley de trois titres "Keeper of the Seven Keys / The King for a 1000 Years / Halloween" fait croire une ultime fois que la prestation du groupe va enfin décoller.
Peine perdue. Andi Deris fait trainer en longueur les trois derniers morceaux rallongés à n'en plus finir et entrecoupés de blabla en teuton. La setlist plus que décevante comporte sur seulement 9 titres joués, 6 titres des Keeper of the seven keys, 1 medley avec 2 autres titres des Keepers sur 3 et 2 titres du dernier album. Et c'est tout! Comme si le groupe se résumait à sa période dorée (encore qu'on se serait bien passé de "Dr Stein") et à son dernier album. Tant pis pour la foultitude d'albums sortis entre les deux et dans lesquels le groupe aurait été bien inspiré de piocher.
La grosse déception de ce Wacken 2011 pour moi

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BLIND GUARDIAN
Très bonne prestation du groupe avec une setlist variée et intéressante: des hits à la pelle comme "Nightfall", "Imaginations from the other side" ou "Mirror, mirror" et des titres plus inhabituels comme ce "Sacred Worlds" en intro. Par contre, je trouve la réaction du public allemand vis à vis de leurs groupes chéris un petit peu exagérée parfois. C'est bien simple, voir Blind Guardian, JBO ou Die Apokalyptischen Reiter à Wacken, ça revient presque à être aux premières loges d'un concert d'Hatebreed, Terror ou Kickback dans un autre fest. Et j'exagère à peine. Slammeurs dans la poire toutes les deux minutes, circle pits sur "Fly"

(oui oui), pogos dans tous les sens, gros mouvements de foule, ... Non ce n'est pas Kreator qui est en train de nous balancer un "Tormentor" des familles mais bien Blind Guardian qui joue "Time stands still". Pas moyen de respirer si ce n'est sur "The Bard's Song". Et encore... Difficile de reprocher à un public de mettre l'ambiance aussi la prochaine fois, je regarderai ça d'un peu plus loin. Trop vieux pour ces conneries.
OZZY OSBOURNE
"I can't hear you!!!"
J'ai loupé la prestation du madman au Hellfest pour voir Hawkwind (et grand bien m'a pris). Je me rattrape donc ce soir.
Si mon cher co-animateur Laex a trouvé ça plutôt tout pourri, j'ai pas mal apprécié pour ma part. Certes, après avoir vu Heaven and Hell sur la même black stage, deux ans aupravant, la comparaison ne joue pas en faveur d'Ozzy. Mais les morceaux de la première période du Sab sont taillés pour le madman et malgré le talent immense de Dio, je suis bien content de voir "Paranoid", "Iron Man" ou "War Pigs" interprétés par Papy Osbourne avec sa voix si caractéristique. Ce dernier ne manque pas de "pimenter" le concert en balançant régulièrement des seaux de flotte dans les premiers rangs, en leur vidant le contenu d'un extincteur ou en montrant son vieux cul ridé. Quand même quelle trogne de vieux barge! Quelle attitude! On ne se lasse pas de ses mimiques, de ses "I can't hear you" ou "I love you" répétés 50 fois comme un vieux sénile. Il en joue très bien et au final le concert passe vite. Le reste du groupe qui donne plutôt l'impression de voir des mercenaires à l'œuvre accompagnant Ozzy qu'un vrai groupe, assure tout de même plutôt bien le boulot, que ce soit le talentueux Gus G. à la gratte ou le batteur Tommy Clufetos qui nous gratifient tous les deux d'un solo (permettant à Ozzy d'enquiller deux rails de coco en coulisse, malin...

).
La journée du jeudi s'achève dans le coin VIP où Chris, une habituée du fest qui en est à son 7ème Wacken, Laex et moi discutons à bâtons rompus de tout, de rien et surtout de n'importe quoi jusqu'à 4h du mat.
Vendredi: - A capella, à violoncelle et à moto
La météo aura finalement été relativement clémente alors qu'on s'attendait au pire. Globalement, il n'a plu que le soir entre 4h et 10h du mat et quasiment pas pendant les concerts sauf pour le tout dernier jour. Ce vendredi, nous prenons notre douche pendant Ensiferum et primal Fear et à 14h du matin, nous sommes de nouveau au Beer garten où nous observons de loin la prestation de Suicidal Tendencies. Ca a l'air de bien envoyer mais allons que nous nous dirigeons vers la party stage pour voir Van Canto, nous sommes étonnés de ne voir personne grimper sur scène pour le dernier morceau de ST. Visiblement, l'orga a dû demander à Mike Muir de calmer le jeu.
VAN CANTO
Ah enfin un concert que l'on ne voit typiquement qu'à Wacken (encore que le groupe commence à gagner en popularité)! Et on ne va pas être déçu.
Pour ceux qui ne connaitraient pas, Van Canto est un groupe composé d'un batteur (qui chante également sur les morceaux calmes), de trois chanteurs qui imitent les basses et les guitares et d'un chanteur et d'une chanteuse qui assurent tous deux les voix leads. Du Pow Wow version métal quoi

. Le lion n'est pas mort ce soir (ah ah ah) et démarre avec une compo de son cru. D'entrée, le son est nickel et le groupe se montre plus que convaincant. On continue avec une reprise de Wishmaster à cappella qui, en mauvaises langues que nous sommes, nous paraît largement supérieure à celle du Nightwish actuel. Inga Scharf (la chanteuse du groupe), en plus d'être fort mignonne, a en effet un joli brin de voix. Histoire de se mettre le public teuton dans la poche, Van Canto nous sert un petit "The Bard Song" qui à mon avis, n'apporte rien par rapport à l'original mais rien à dire quant à l'interprétation. La fin du show est marqué par un excellent medley entre "The Mission" (un des meilleurs morceaux du groupe avec un refrain qui ne vous lâche plus) et "Master Of Puppets". Deux des chanteurs qui interprètent les solos de guitare s'échangent le micro à tour de rôle, imitant ainsi des duels de guitare heros. Carrément fendard! On finit par les reprises de "Kings of metal" des Musclés et "Fear of the dark" de Harris Band qui ont conquis Blaster et Laex. Ah ça les Musclés, ils sont fans. Superbe concert. A revoir!
RHAPSODY OF FIRE
Au départ, je n'y allais que parce que je ne les avais jamais vus. On m'avait dit que c'était tout pourri en live, de la musique en plastique, etc, etc. Ben j'ai bien fait de vérifier par moi-même car c'était carrément excellent. Je n'ai pas vu le concert passer et j'ai été ébloui par la prestation de Fabio Leone particulièrement en voix. Alternant registre mélodique, voix extrême et parties plus lyriques, il a été carrément impérial. Notamment sur le titre chanté en italien "Lamento Eroico". Certes, ce n'est pas Roberto Agnala ou Pavarotti mais quand même, il m'a filé des frissons. Le reste du groupe était carré et n'en faisait pas des tonnes malgré la réputation du groupe héritée de ses clips involontairement comiques. Un bon petit "Emerald Sword" pour finir et l'affaire est pliée. Très bon concert.
MORGOTH
Probablement la grosse claque du fest avec Tokyo Blade pour moi. Du death old school comme tout le monde devrait le jouer ma petite dame. Ça accélère, ça ralentit, ça change de plan quand tu t'y attends le moins, ça balance du riff bien morbide, un peu de mélodie de temps à autre, juste ce qu'il faut. Le batteur ne fait pas partie du line-up originel et pourtant quel tueur! C'est en grande partir grâce à lui que le groupe sonne aussi bien. Je les avais loupé au Hellfest. Heureusement que je me suis rattrapé.
JUDAS PRIEST
Rob était beau sur sa moto, le nouveau était blond et sentait bon le sable chaud, le tipton nous abreuvait de ses sublimes solos, travis souriait pour la photo et ian hill faisait le boulot...
C'était parfait et puis c'est tout
...
Bon OK, "You've got another thing coming" et "living after midnight" à la fin, ça saoule un peu (ils pourraient un peu changer le rappel), le show réglé au millimètre jusqu'aux répliques entre les morceaux, ça fait pas très naturel, Halford sur "The sentinel" est très limite... Ouais ouais OK mais merde, je risque pas de bouder mon plaisir! Quelle putain de set list, entre les classiques intemporels (Victim of Changes, Beyond the realms of death), les morceaux qu'on n'attendait plus ("The sentinel" justement, "Blood red skies", "Nightcrawler"), les petites raretés ("Starbreaker", "Never Satisfied") et les gros classiques ("Electric Eye", "Painkiller"), il y a vraiment de quoi contenter tout le monde. Par contre, j'étais un peu plus loin que d'habitude (Morgoth jouant juste avant, il fallait choisir) et j'ai trouvé le public assez mou mais apparemment, ça bougeait plus devant. Mais bon après les avoir vus dans des supers conditions: en salle, dans les premiers rangs et avec un public catalan gonflé à bloc qui gueule sur tous les morceaux, je ne pouvais que trouver la prestation à Wacken moins bonne.
A la fin du concert, rapide rencontre avec Mike-Polar. On se donne rendez-vous pour Skindred mais malheureusement, il y aura un monde de malade sous la tente et je ne le reverrai pas du fest.
TRIPTYKON
Changement de registre après l'euphorie du show de 2h15 du Priest, on passe à une ambiance beaucoup plus sombre

. Je ne connais que vaguement Celtic Frost et pas du tout Triptykon. C'est l'occasion de découvrir. L'assistance est assez clairsemée, la majorité des gens ayant préféré voir Kyuss Lives ou s'étant octroyé une pause. La scène est sobre mais bien mise en valeur avec un backdrop, deux panneaux à l'effigie du groupe, des chandeliers et des vasques enflammées. Tom Warrior, même s'il n'est pas très expressif, en impose avec sa tête de psychopathe et son timbre de voix très particulier. Il est secondé par une charmante bassiste (qui tire la gueule évidemment), un tout jeune batteur et un guitariste qui assure des vocaux death qui se marient bien avec ceux de Tom Warrior. Le groupe ne jouera en tout que 6 morceaux pour une heure de concert. Les titres sont en effet assez longs, peu techniques mais installent une ambiance assez particulière. Il suffit de voir Tom Warrior pour se rendre compte de l'influence qu'il a pu avoir sur la scène extrême. Lorsqu'il remercie le public entre deux morceaux, on a plutôt l'impression qu'il est en train de dire "je vous hais tous bande de cloportes et je sais où vous habitez". Je l'imagine bien en train de torturer des ados dans sa cave quelque part en Suisse mais je m'égare...
Bref, encore un très bon concert mais cette fois, il fallait rentrer dans le trip, p'tit con (AH AH AH AH AH AH!!!!

).
SKINDRED
La wet stage est bondée, un peu comme la terrorizer du Hellfest mais en pire. Plutôt que de mettre de l'argent dans des tas de trucs inutiles, peut-être que l'orga serait inspirée de repenser l'accès à cette scène parce que là ça devient vraiment n'importe quoi. J'arrive tout de même à passer par derrière et à me faufiler tant bien que mal du côté gauche de la scène qui est évidemment moins bondée que le côté droit où les gens ne cessent de s'agglutiner.
Skindred c'est de la bonne musique de false: du ragga

, du hardcore, des samples et un peu de métal. Évidemment le public est plutôt jeune et très nombreux. Le groupe est mené par Benji Webbe, ex-frontman de Dubwar qui fait le show à lui tout seul. Exhortant le public à bouger ("Are you ready to bounce? You better bitches!"), il ne s'arrête jamais, véritable moulin à paroles. Malheureusement, aucun titre de Dub War ce soir et la musique de Skindred étant assez simpliste, je me contente du show de Benji et de ce côté là, pas de déception.
"Are you ready to do the robot Wacken? I said are you ready to do the fucking robot niggers?!?". Il commence alors à bouger dans une sorte de break dance robotisée

et demande au public médusé de faire de même. Ca donne évidemment un grand n'importe quoi désordonné mais on peut dire que tout le monde lui mange dans la main. Sacré frontman! Dommage que la musique soit bien moins intéressante qu'à l'époque de Dub War. Le succès semble cependant au rendez vous.
APOCALYPTICA
Puisque j'en suis aux reproches avec la wet stage et son accès super mal foutu, je rajouterai également que Wacken c'est filmé avec les pieds. Du grand n'importe quoi absolument pas à la hauteur du (ou d'un des) plus gros fest de metal au monde. Et le meilleur exemple, c'est justement Apocalyptica. En effet, on suit tout le long du concert le blond (Eicca Toppinen pour ceux qui connaissent), visiblement désigné comme la star du groupe et qu'on ne lachera pas d'une semelle. On le voit tout le temps à l'écran, quand il joue ou pas, quand il picole de l'eau backstage (alors que les autres sont en train de jouer mais ça on s'en fout), en train de jouer la rythmique (pendant que son acolyte est en train d'effectuer un solo à côté). Bref, on en perd pas une miette du Eicca. Heureusement, qu'il ne s'est pas gratté les couilles sinon on aurait pu admirer ça en gros plan.
Bref, du gros n'importe quoi côté réalisation. J'imagine le pauvre gars qui se retrouve avec ces rushes bidons et qui doit monter le DVD du Wacken. Bon courage...
Sinon, pour en revenir au groupe, prestation correcte mais handicapée par un "Nothing else matters" en plein milieu qui casse un peu l'ambiance et un chanteur qui n'intervient que sur deux titres et qui est un peu à la ramasse.
On finit sur la Wet stage avec Blaster, Manorhead et Laex. Malheureusement, on se fait éjecter à 3h30 du mat. "On ferme! Cassez vous!". Super l'ambiance! Du coup, encore un petit verre au beer garten et puis au lit. Wacken c'est plus ce que c'était ma pauvre dame...
Samedi: Bye, bye Matthew!
Comme d'hab, la dernière journée à Wacken est la plus chargée. A peine le temps d'ingurgiter des pitchs, de boire du jus d'orange, de prendre rapido la douche en V.I.P. et de courir voir le set de Moonsorrow à midi.
MOONSORROW
4ème fois que je vois le groupe et probablement la prestation que j'ai le moins appréciée à cause du groupe lui même que j'ai trouvé un petit peu mou et manquant de motivation et puis surtout cette foutue setlist de fest quasi sans intérêt. Le groupe a mis en backdrop son dernier album et ne jouera aucun morceau du dit album. Super...
Comme d'hab, ils privilégient le nombre de titres joués (5 ici sur 45 minutes) plutôt que de jouer principalement des extraits de leurs derniers albums (où certes les titres dépassent tous les 10 minutes). Résultat: 1 titre du premier album (Suden Uni), 2 titres du deuxième (Voimasta Ja Kunniasta), 2 titres du troisième (Kivenkantaja) et c'est tout sachant que le groupe en est déjà à 6 albums sortis... Quel intérêt de pondre des morceaux sublimes comme "Huuto" tout récemment ou "Jotunheim" si c'est pour ne jamais les interpréter en live. Qui plus est, le groupe a pas mal évolué depuis ses premiers opus. On a donc d'un côté un groupe qui en live reste figé dans le temps et nous ressort à chaque fois une setlist poussiéreuse et de l'autre un groupe aventureux en studio qui tente pas mal de choses, mais tout cela reste à l'état de galette au lieu d'être magnifié en concert. Bref, j'attends beaucoup du concert à Toulouse où ils seront en tête d'affiche et où j'espère, ils joueront plus longtemps que 40 minutes et surtout des morceaux récents bordel à cul! Sinon, il y a de grandes chances que je zappe leurs futures prestations. Dommage. Un sacré gachis

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CRASHDIET
Pas grand monde pour voir les glamouzes suédoises, le son débilement fort (même avec des bouchons) n'arrangeant rien. Je me place donc seul, en retrait, pendant que Laex et les autres s'en vont au coin VIP. Prestation correcte du groupe mais sans plus, la faute à mon avis aux trois changements de chanteurs dans le groupe qui n'aident pas à trouver la cohésion nécessaire sur scène. C'est assez flagrant sur les gros titres du groupe que les suédois peinent à rendre percutants ("Riot in everyone", "In the raw", "Breakin' the chainz" qui sont pourtant des tueries). Ca se passe mieux sur le répertoire plus récent ("Armageddon", "Generation Wild" en rappel). Au final un concert correct mais rien de mémorable si ce n'est la super crête punk du chanteur

et la caméra du Wacken en mode "feignasse" qui filme la scène de loin en plan fixe. Super les gars et vous êtes payés pour ça?
On mate depuis le beer garten le concert de Dir En Grey, dont on retiendra la prestation assez hallucinante du chanteur qui semble possédé tant il dispose d'une palette vocale impressionnante: voix black, voix death, voix plus posée, cris suraigus, etc. Un groupe assez barré comme je les apprécie en temps normal mais là je suis trop bien le cul sur un banc et ma franziskaner à la main

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MAYHEM
Ah Mayhem! En général, le plus important dans ce groupe est l'aspect extra-musical. D'ailleurs pendant un bon moment, je focaliserai sur la croix en plastique que brandit le père Attila. Elle représente un christ renversé sauf que le fameux christ a quatre bras. Ca alors! De loin, je pensais qu'il faisait une sorte de grand écart crucifié à l'envers sur la croix style JCVD mais non c'est Christ Alien renversé

. Concept. Une sorte de mélange entre croyance sectaire à la Raël à la sauce E.T. et satanisme en toc

. Trop fort! Attila, toujours lui, a un joli t-shirt Voivod et une tronche de punk avec des cernes énormes. Il nous sert une performance plutôt correcte même si en deça de ce que j'ai pu voir en salle (pas d'invocations hallucinées sur "Illuminate Eliminate", il n'avait probablement pas assez picolé avant). Petit avantage de les voir en plein air et en plein jour: Hellhammer est visible cette fois et on ne perd pas une miette de son jeu toujours aussi excellent. Bref, un bon concert de Mayhem pour celui qui rentre dans le trip p'tit con (ah non merde c'est pas le même groupe).
SHINING
Attention rien à voir avec le Shining suédois. Ici il s'agit du groupe expérimental norvégien réservé à un public averti.
En effet, sur les 30 petites minutes que comptaient leur prestation, Laex n'en tiendra que 10 avant d'aller voir Iced Earth ("- ça doit te plaire ce groupe j'imagine? - Mui...") et la wet stage est pour une fois très dégarnie. Le chanteur ne manque pas de remercier les gens présents, conscient que son style musical demande une grande ouverture d'esprit. Le groupe mélange sonorités metal/hardcore assez extrêmes (cela fait parfois penser à du Dillinger Escape Plan pour le côté explosif), chant black en norvégien typé black'n roll (genre Khold que j'ai loupé d'ailleurs ou le Satyricon actuel) et des éléments de free jazz. Le leader du groupe alterne la guitare et le saxo dont il joue d'une manière plutôt rock (ça envoie du bois quoi!). La musique est assez explosive et dissonante, les parties jazz rappelant plus un Coltrane ou un Coleman énervé que le père Louis Armstrong. Bref, il faut vraiment s'accrocher pour ne pas être perdu au milieu de cette furie qui frôle souvent dangereusement la cacophonie

. Une chouette expérience pour moi (à prolonger sur CD) et la preuve que quand le Wacken le veut bien, il peut encore donner sa chance à des formations innovantes qu'on n'a pas forcément l'habitude de voir ailleurs.
ICED EARTH
Je me faufile rapidement au sein d'une foule toujours plus dense pour voir ce que je ne savais pas encore être l'ultime show d'Iced Earth avec Matthew Barlow. J'arrive sur "The Hunter" parfaitement interprété par les américains. Matthew Barlow annonce la fameuse trilogie de Something Wicked "Prophecy/Birth of the Wicked/The Coming Curse". Encore une tuerie. Le groupe se donne à fond et il y a du répondant du côté du public. Même moi qui ne suis pas trop adepte du groupe à la base, j'avoue passer un très bon moment. S'ensuit un grand moment d'émotion lorsque Schaffer annonce qu'il s'agit du dernier concert de Barlow, l'un des guitaristes du groupe portant même un t-shirt "Matthew F*** Barlow!!" pour l'occasion. Impossible de ne pas être touché alors que le public scande "Barlow! Barlow! Barlow!" à l'unisson et que ce dernier, les yeux embués, a du mal à contenir son émotion. Fin logique du set, le morceau "Iced Earth" met tout le monde d'accord même si ça fait un moment que la messe est dite. Un concert mémorable et probablement d'anthologie pour les fans présents (n'est ce pas Blaster?)
SEPULTURA
C'est la guerre!!!!

:hail:
Je m'y attendais mais évidemment le show de Sepultura a été une vraie tuerie en laissant plus d'un sur les rotules. Démarrage en trombe avec "Arise" et "Refuse/Resist". Les extraits du dernier album en date "Kairos" font également mouche (va falloir que je me penche sérieusement sur le dernier opus des brésiliens), tout comme "Choke" extrait d'"Against", le premier album sans Maxou. Petite surprise lorsque je me surprends à chanter les paroles d'un morceau sans le reconnaître. Jusqu'au refrain. Mais bordel c'est "Just one fix" de Ministry! Très bonne idée que cette reprise à la sauce Sepultura. Les classiques finissent de nous achever et surtout un "Ratamahatta" génialissime ("Ze do caixo, zumbi, lampiao! ZE DO CAIXO ZUMBI LAMPIAO!!!!"). Sepultura est venu, a vu et a vaincu. Une reformation avec les Cavalera paraît franchement inutile après une prestation pareille (Derek Greene est d'ailleurs impressionnant tant par sa présence que par ses vocalises). Tant pis pour ceux qui ne font pas le déplacement pour voir le groupe en salle ou en fest. Vous loupez quelque chose.
Quelques minutes plus tard, on apercevra Barlow dans le coin VIP souhaitant visiblement passer un dernier moment avec ses fans. Laex et Blaster en profitent pour se faire prendre en photo avec probablement le plus célèbre des policiers yankees.
AVANTASIA
Le principal intérêt d'Avantasia & guests c'est justement les guests. Parce que question musique c'est léger, très léger. Les fans vous diront que c'est épuré et efficace. Mouais... Côté intervenants, c'est donc Jorn Lande, Kai Hansen et Michael Kiske qui se relaient et on a souvent envie de demander à Tobias Sammet de bien vouloir la mettre en veilleuse pendant que Kiske chante (ce dernier n'a vraiment rien perdu de sa voix). Sammet tire la langue de manière très comique chaque fois qu'il pousse un peu. On ne peut s'empêcher de l'imiter avec Laex et de danser comme des cons sur certaines mélodies très... DysneyWorld. Ce qui n'est visiblement pas du goût de tout le monde et notamment d'un fan français:
"- Vous êtes français?
- Oui.
- Vous arrêtez pas depuis tout à l'heure avec vos simagrées. J'ai jamais vu ça. C'est pénible!
- Mais barre toi ailleurs si t'es pas content mon gars!!!"
Il reste encore à côté pendant deux morceaux à faire sa tête de con puis finit par se barrer. Bon débarras!

C'est bien la première fois que je suis content d'avoir pourri le concert de quelqu'un surtout ce genre d'abruti qui se comporte comme si sa place était numérotée, qu'il l'avait payé 200€ et qu'il ne faut pas déranger. D'une, s'il était vraiment fan, il se serait mis dans les premiers rangs et pas où on était placé (sur la gauche à plus de 30 mètres de la scène) et de deux, j'ai, par exemple, beau être fan du Priest depuis 20 ans, si des allemands tous bourrés s'enfilent à la queue leu leu pendant "Turbo Lover", ça va plus me faire marrer qu'autre chose. Je ne me vois vraiment pas leur dire d'arrêter par respect ou je ne sais quoi. Bref, à part ce pénible intermède, pas grand chose à retenir du concert si ce n'est comme le souligne Sammet, la première apparition de Kiske à Wacken. C'était cool de le voir effectivement mais j'aurais préféré le voir jouer "Time to break free" ou un titre d'Helloween au côté de Gamma Ray, il y a deux ans.
Après ça, on retrouve tout le monde au coin VIP, notamment Manorhead, qui revient du concert de Warrant (le groupe de power/speed allemand à ne pas confondre avec le groupe américain) qui était apparemment excellent. On n'aurait peut-être mieux fait d'aller les voir mais bon je connaissais pas. Tant pis, on va se rattraper un peu plus tard.
KREATOR
Vu de loin. Show visuellement beaucoup plus impressionant qu'au Hellfest. Un écran géant derrière la scène, des lights qui déchirent et dans le public, c'est la guerre bien évidemment. Typiquement le genre de groupe qu'il vaut mieux voir à Wacken tant l'infrastructure est différente. On a droit à deux titres en plus par rapport au Hellfest: "The patriarch" et "Betrayer".
TOKYO BLADE
La grosse claque du fest, d'autant plus qu'elle est inattendue. Surtout qu'au début le groupe prend pas mal de retard, dix bonnes minutes dus à des soucis techniques. Le backdrop rudimentaire et l'âge avancé des musiciens ne sont pas vraiment annonciateurs d'un show mémorable et pourtant... C'est le frontman du groupe, l'allemand Nicolaj Ruhnow (qui a la très bonne idée de s'exprimer uniquement en anglais, pas vrai Andi Deris?) qui va nous faire quitter la terre ferme pendant 40 petites minutes. Hyper à l'aise, arpentant la scène de long en large, il enlève régulièrement son oreillette et communique avec l'ingé son à propos de soucis techniques tout en continuant à chanter de manière impressionante et à communiquer avec le public. Un frontman hors pair avec une voix impressionante, un sacré charisme, une humilité face à ses compagnons plus âgés et son public qui fait plaisir à voir. Bref, écoeurant le gars pour tout apprenti chanteur tant il est facile dans ses performances vocales comme dans son attitude scénique. Pendant qu'il occupe parfaitement l'espace, ses compères n'ont qu'à dérouler des compos très efficaces des vieux classiques comme "Midnight Rendezvous" au répertoire plus récent extrait du tout dernier album sorti cette année. Un excellent concert qui est passé bien trop vite. J'espère avoir l'occasion de les revoir et avec ce line-up évidemment

.
Dehors, il commence à pleuvoir sérieusement. On se met à l'abri chez les nantis du coin VIP. Children of bodom sera victime de la seule grosse averse du fest pendant les concerts, faisant fuir de nombreux spectateurs. Nous, on se dirige plutôt vers la wet stage pour voir Ghost, non sans avoir dit aurevoir à Blaster et à Chris.
GHOST
Ceux qui sont restés après le générique de ce fabuleux nanar de 87 "Les maîtres de l'univers" avec Dolph Lundgren le savent bien: Skeletor is back!

Ben ouais, après le générique, alors qu'on le croyait mort, Skeletor sort de la flotte, le poing rageur et clame: "Je reviendrais!!". On l'a effectivement revu derrière les claviers de Grave Digger, il y a peu mais comme il ne pouvait se contenter d'un second rôle, il a décidé de monter son propre groupe. Ca s'appelle Ghost. Alors, certes, il a l'air d'un con avec son costume de pape bon marché et sa mitre sur la trogne, mais musicalement, c'est du tout bon!
Pas de grosses différences avec le show du Hellfest si ce n'est que Skeletor est plus communicatif adressant un "Are you with us Wacken?" au public avant d'envoyer le dernier morceau "Ritual". Moment assez comique lorsque ce dernier présente les différents musiciens. Plutôt que de les nommer, il va vers chacun d'eux, avec sa démarche bien raide, leur met la main sur l'épaule et avec l'autre main demande au public de gueuler. Quel boute en train ce bon vieux sac d'os!
Dimanche: Voyage, voyage part 2
Ce sera le dernier concert pour Laex et moi qui plions la tente sous la pluie et dans la boue. C'est parti pour une petite nuit blanche et une longue journée de transport. On prend directement le bus pour Itzehoe, puis un train à 4h40 qui nous amène jusqu'à Hambourg Altova, puis métro direction l'aéroport. De là, on a un vol jusqu'à Munich puis un autre jusqu'à Barcelone. Arrivé à l'aéroport avec du retard, c'est ensuite la course pour choper notre bus aurolines pour Toulouse dans les temps. On récupère nos bagages in extremo ou plutôt in extremis (oh oh oh) et on saute dans un taxi direction la gare routière. On arrive finalement à Toulouse à 21h bien cassés.
Au final, une bonne édition que ce Wacken 2010, notamment grâce à quelques concerts mémorables mais certainement pas la meilleure, d'autant que l'impression que l'orga se repose sur ses lauriers et engrange le cash sans trop se remettre en question a été très forte pour moi tout le long de ces 3 jours: aucune amélioration faite pour permettre de circuler notamment aux abords de la wet stage, aucun point d'eau sur le site, un fest très mal filmé, de sérieux problèmes techniques même sur les main stages et une ballroom qui ferme dès les derniers concerts.